2012-06-26

Les campagnes d'affichage de swastikas dans divers villes occidentales lors de la Journée Mondiale de Réhabilitation du Swastika, ce 23 juin, ont déclenché de nombreuses réactions.

Ces actions étaient organisés par le Mouvement Raëlien International (MRI) de concert avec des représentants de religions orientales ayant une opinion favorable concernant cet ancien symbole de paix et de bonne volonté qui a été détourné par les nazis.

« La majorité des plaintes proviennent de New York, région du New Jersey (US), où une bannière montrant un swastika au centre du symbole raëlien a été accrochée derrière un avion qui a survolé Manhattan, la côte du New Jersey et l'île de Long Beach » déclare Thomas Kaenzig, Guide raëlien et coordinateur de la Journée de Réhabilitation du Swastika. « En quoi ce symbole, qui représente toujours la paix et la bonne volonté pour plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde, offense-t-il les résidents de Manhattan? ».

En expliquant que les plaintes ont été déposées en grande partie par des membres de la communauté juive, Kaenzig met en exergue le fait que la réhabilitation de la signification originelle du swastika aurait dû être faite depuis longtemps.

« Les bouddhistes, les hindous et les raëliens doivent-ils cacher ce symbole parce qu'un autre courant l'a utilisé de façon totalement inappropriée il y a 70 ans en commettant des crimes? » demande-t-il. « Si oui, alors ne devrait-on pas également être offensé par la croix chrétienne? Après tout, de nombreux innocents ont été exécutés par des chrétiens fanatiques, que ce soit pendant l'Inquisition ou plus récemment par le Ku Klux Klan. Dans les deux cas, ils utilisaient la croix comme symbole. Et que dire des victimes des bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki? Devraient-ils faire interdire le drapeau américain? Il y a une longue liste de crimes horribles associés à l'utilisation de symboles, mais seul le swastika a été interdit ».

Kaenzig poursuit en soulignant que les émotions négatives liées au swastika et exprimées par des personnes de moins de 70 ans, sont bien évidemment le résultat d'un endoctrinement culturel et éducatif puisqu'ils n'en ont pas fait l'expérience eux-même.

« Il est temps que les populations soient rééduquées afin de comprendre le sens originel du plus ancien des symboles et omniprésent de part le monde », précise-t-il ; ajoutant que les raëliens et les membres d'autres groupes religieux qui ont organisé les événements du 23 juin, l'ont fait dans le but d'informer le grand public.

« Nous espérons qu'en dépit de sa mauvaise utilisation récente par les nazis, les gens ne seront plus offensés par ce que bien des cultures considèrent encore comme un symbole bienveillant et pacifique », ajoute-t-il. « Il est encourageant de constater que nous avons été bien perçus là où nous pourrions imaginer que ce symbole suscite le plus de bouleversements - à Tel Aviv, en Israël. Là-bas, la population a été très réceptive à nos dépliants et à l'affichage des anciens swastikas dans leurs rues ».

Kaenzig explique que l'on peut encore trouver de nombreux swastikas dans les anciennes synagogues d'Israël et que les juifs israéliens sont très conscients que le peuple juif lui-même a utilisé le swastika comme symbole pacifique avant qu'il ne soit récupéré par les nazis.

« La communauté juive de la côte-est américaine n'a pas la même conscience que son homologue israélienne », déclare-t-il, « le fait que les juifs de New York aient qualifié notre bannière de scandaleuse montre qu'il y a encore beaucoup de travail à faire dans cette région ».

D'autre part, il mentionne que la réaction à Karlsruhe, en Allemagne, était elle aussi très défavorable.

« Un groupe important a pris part à l'événement en Allemagne, mais il n'a pas été bien reçue par les autorités » précise Kaenzig. « La police a clairement indiqué que les affiches montrant des swastikas étaient en tout temps interdites dans les rues. Marcel Hoffman, leader du Mouvement Raëlien en Allemagne, a décidé de contester cette loi en affichant des photos de swastikas anciens encore existants en Allemagne, puisqu'ils sont antérieurs à la période nazie. La police a tout de même décidé de l'inculper et nous espérons qu'il aura la chance de défendre son point de vue devant les tribunaux ».

En dépit de ces réactions négatives, d'autres étaient au moins en mesure de comprendre les raisons de l'organisation de cette Journée de Réhabilitation du Swastika, poursuit Kaenzig, comme le mentionne ce lecteur de la région de New York, suite à la publication d'un article dans un grand média, concernant l'événement du 23 juin :

« Je doute qu'ils aient fait voler le drapeau nazi, comme vous l'avez décrit. Ils ne faisaient sûrement voler qu'une simple bannière affichant le swastika, qui est, tout comme ils le disent, depuis des milliers d'années, un symbole utilisé universellement, y compris par les Juifs. Quelques-unes des mosaïques antiques dans des synagogues en Terre d'Israël affichent des swastikas; et il y avait des seforim imprimés avec des swastikas en guise de motif décoratif. Jusqu'à ce que le courant nazi l'exploite, il n'y avait aucune association négative liée au swastika. Mais maintenant, pour nous, c'est un souvenir douloureux et nous l'évitons, mais s'il est précieux pour ces personnes, nous ne pouvons vraiment pas nous attendre à ce qu'ils l'utilisent de façon clandestine juste pour épargner nos sentiments. Ils veulent l'exposer au grand jour et le démystifier afin qu'il vous semble tout aussi anodin qu'il ne l'était avant la guerre; je doute que cela soit possible, mais je ne peux pas les blâmer d'essayer. Après tout, pourrions-nous cesser d'utiliser le Mogen Dovid (étoile de David) si les Japonais l'avaient utilisé comme symbole au lieu du soleil levant ? »

« C'est une excellente question. » commente Kaenzig. « La communauté juive aurait-elle accepté l'interdiction de son symbole si un autre groupe l'avait détourné pour ensuite pour commettre des crimes? » demande-t-il. « Et que ferait la communauté juive si les Palestiniens demandaient un jour à la communauté internationale d'interdire le symbole utilisé par leurs tortionnaires ? ».

Ailleurs, les événements du 23 juin ont reçu un bien meilleur accueil, selon Kaenzig.

« Sur la côte-ouest américaine et en Australie, notre bannière volante n'a déclenché aucune plainte à notre connaissance », mentionne-t-il, ajoutant que ceux qui ont fait la promotion de cette journée, à Venice Beach, en Californie ont en fait été accueillis avec enthousiasme par les habitants qui connaissaient le sens traditionnel du symbole pour les bouddhistes.

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